Rock’n Roll à bord de BRIT AIR…

Salut à tous !

C’est Rock’n Roll aujourd’hui à bord de BRIT AIR ! Une mer croisée et 30 à 40 noeuds de vent qui poussent le bateau à grande vitesse. Hier, c’était plus sympa car avec le même vent, voire même un peu plus, la mer était beaucoup plus ordonnée. Résultat : 440 milles en 24 heures à plus de 18 noeuds de moyenne : c’est pas beau ça !? Mais depuis quelques heures, nous sommes montés sur le plateau océanique au sud de la Nouvelle Zelande et du même coup, la mer a changé de physionomie. Elle est devenue beaucoup plus méchante. Il faut faire très attention et je préfère donc lever un peu le pied !

Autant dire que pour l’instant, je n’ai pas encore eu vraiment le temps de penser au réveillon de Noël. Demain, ça devrait être plus calme et je vais pouvoir prendre un peu de temps pour une petite séance déco. J’ai hâte également de pouvoir ouvrir mes cadeaux… J’ai aperçu quelques paquets dans le sac de la semaine. Je crois aussi qu’un petit menu spécial réveillon est au programme avec la petite bouteille qui va bien, préparée par mon papa. Et oui ! Même seul à l’autre bout du monde, Noël est important !

Bon, je vous raconterai mon petit réveillon dans quelques jours !

A+

Armel

Rendez-vous avec Armel demain a 15 h sur www.20minutes.fr

Bonjour à tous,

Petite surprise pour vous qui suivez et encouragez Armel au quotidien :

20 MINUTES organise demain après-midi un chat avec Armel en direct de l’Océan Indien !

Un face à face inédit : vous derrière votre ordinateur et Armel à bord de son bateau BRIT AIR naviguant dans les 50èmes Hurlants au sud de l’Australie !

Vous pouvez d’ores et déjà poser vos questions en cliquant ICI ou vous connecter et échanger avec Armel vendredi dès 15 heures sur www.20minutes.fr.

Merci pour votre soutien ! Armel est vraiment ravi et touché de recevoir tous vos messages d’encouragement ! Surtout n’hésitez pas, continuez !!!

A bientôt

Son équipe

Aller de l’avant… mais prudemment !

Salut à tous !

Tout d’abord, petit résumé de l’actualité de ces derniers jours de course, histoire de vous décrire un peu la situation actuelle…
Mercredi matin : Mich’ Desj est le premier à signaler un iceberg…
Mercredi après midi : on apprend le démâtage de Loïck…
Jeudi matin : je suis réveillé brutalement. Le bateau est « parti en vrac », il est couché sur l’eau à 90°, je sors en chaussette et là j’aperçois à 5 mètres du bateau une baleine…
› Vendredi matin : Johnny Malbon signale à son tour un iceberg
› Vendredi après midi : Dominique Wavre se déroute pour avarie de quille…

Voilà, voilà… Pas très gai, pas très engageant… Mais c’est aussi ça le Vendée Globe ! Il faut faire avec, positiver et aller de l’avant. De l’avant… mais prudemment quand même ! Je suis un marin, pas un kamikaze. Et puis la route est longue et pour espérer gagner, la première chose c’est d’arriver ! Alors je prends soin de mon BRIT AIR. Jusqu’ici, il a été parfait : rapide, véloce, performant… Maintenant c’est à moi de le préserver : lui en demander suffisamment pour rester au contact des leaders, mais pas trop pour ne pas le faire souffrir. Mais on commence à très bien se connaître lui et moi, on est sur la même longueur d’onde… L’alchimie entre le bateau et son skipper, je crois que c’est aussi ça le secret de la réussite sur une course comme le Vendée Globe !

Tiens justement, je l’entends qui « couine » un peu… je vais aller le soulager !

A très bientôt et encore merci pour vos encouragements.
Armel

1er mois de course …. 8 000 milles parcourus !

bonjour,

Près de 8000 milles parcourus en un mois ! Soit le tiers du parcours ! Nous sommes actuellement dans les mers du Sud depuis maintenant plus d’une semaine. Tout s’est bien passé jusqu’au passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Après, je souhaité être plus prudent pour m’adapter progressivement à ces nouvelles conditions, à ces mers difficiles qui me sont inconnues . C’est sans doute pour cette raison que j’ai été décroché des premiers et que derrière les poursuivants ont récupéré du terrain. Mais je suis confiant, je ne suis pas si loin des hommes de tête. Il faut juste que je prenne mes marques, que je trouve les bons ajustements. Je commence à avoir de bons repères au niveau des choix de voiles. Ce n’est pas évident car ici, dès qu’il y a du vent, la mer se lève rapidement. Pour le moment je suis à l’écoute du bateau. Contrairement à d’autres, je vais moins vite mais BRIT AIR tape ainsi beaucoup moins. Je ne considère pas la course actuelle comme une course de vitesse. C’est plus de la gestion de matériel et humaine. Si je peux finir l’Océan Indien avec ces écarts ce serait très bien.

A 700 milles devant nous, il y a l’archipel des Kerguelen. C’est un archipel très grand, 90 milles du Nord au Sud. Les fonds remontent très vite autour, notamment dans le Nord où il y a un vent capable de lever la mer qui devient alors très hachée et capable de casser un bateau. On a le choix de passer au Nord ou au Sud mais le Nord fait rallonger la route. On l’emprunte lorsque, dans le Sud, c’est la tempête. A priori l’ensemble de la flotte va passer par le Sud. Cette nuit, on a un vent qui va basculer au Nord Ouest donc on va pouvoir empanner et faire route bâbord amure vers le Sud de cet Archipel. La question est de savoir quand est-ce qu’il faut empanner. Ce matin on a reçu le signalement d’un objet sur notre route. C’est soit un iceberg soit un bateau. Je dois prendre ça en compte en espérant que ce ne soit qu’un bateau pour pouvoir continuer ma stratégie, faire un peu de Sud, empanner et revenir sur un seul bord vers les Kerguelen.

je viens d’apprendre pour le dématage de Loïck… c’est dur, très dur… on ne le dira jamais assez : c’est la mer et elle seule qui décide ici…

à très bientôt et encore merci à tous pour vos nombreux messages

Armel

 

Ca va etre chaud !

Salut à tous !

Ca va être chaud ! Enfin quand je dis « chaud » c’est au sens figuré bien sûr, en parlant de ce qui nous attend dans les prochains jours… En réalité au contraire, il fait bel et bien de plus en plus froid ! Jusqu’à hier (mercredi) les conditions étaient encore tout à fait acceptables, peut être même meilleures que celles que vous devez avoir en ce moment en France : une dizaine de degrés, un ciel assez dégagé et plutôt ensoleillé… Mais depuis ce midi, changement de décor : le ciel se couvre, la température chute, la mer se forme méchamment… et ça ne devrait pas aller en s’améliorant… Bienvenue dans les quarantièmes, bienvenue aux pays des ombres… A partir de maintenant, on va rentrer « dans le dur » ! Et le premier gros choc s’annonce pour demain matin ! Nous allons en effet toucher notre première grosse dépression en guise de péage avant l’océan Indien : 50 à 60 nœuds de vent, des creux énormes, 8, 10, 12 mètres peut être… Voilà le programme : rien de très engageant, vous en conviendrez, mais bon, on savait pourquoi on signait… Malgré tout, il va falloir être très prudent et même si c’est la course, je n’ai pas envie de faire n’importe quoi : ni pour moi, ni pour mon bateau… On a convenu d’un pacte ensemble : je prends soin de lui, il prend soin de moi et ensemble nous bouclons ce tour ! On va donc faire le dos rond durant quelques heures et ce passage de vent fort…

Je vous laisse, le vent est en train de rentrer : chaud je vous dis… chaud…

A +,

Armel

En route pour le Grand Sud

Lundi 24 novembre, 15ème jour de mer et nous voici par 12°S dans un alizé soutenu. La vie à bord de BRIT AIR n’est pas des plus confortables depuis quelques jours à cause d’une mer croisée et de la gîte du bateau. Imaginez le plancher de votre appartement ou de votre maison avec 20° d’inclinaison, rajoutez y quelques secousses régulières et vous avez non pas une nouvelle attraction de fête foraine mais la vie à bord d’un 60 pieds au large du Brésil !

Le Brésil justement ! Je vais bientôt passer la latitude de Salvador de Bahia. J’ai eu l’occasion de rejoindre Salvador l’an dernier lors de la Transat Jacques Vabre avec mon ami Nico Troussel. Plus bas, c’est une première pour moi, je n’y ai jamais navigué. Je serai donc d’ici peu dans des mers qui me sont inconnues en direction du grand sud : encore une bonne semaine avant d’atteindre les 40ème rugissants. Ensuite, « normalement », ce sera l’autoroute du sud jusqu’au Cap Horn mais ça c’est une autre histoire…

Un peu de lecture à bord et quelques morceaux de musique pour couper un peu avec la course. J’ai même écouté quelques Podcasts d’émissions de radio dont “la tête au carré” émission scientifique de France Inter, et me voilà bien informé sur les nanoparticules…ça me rappelle quand j’étais étudiant.

Enfin c’est pas le tout mais j’ai mon collègue de route sur ma droite. J’ai nommé mister Riou alias Vincent le Terrible ! Il ne faut pas que je le laisse s’échapper.. On ne s’appelle pas le Chacal pour rien !!!

A bientôt

Armel

Dans mon monde magique …

Tout va pour le mieux ici, je navigue dans un monde magique, au près, grand voile haute à 20 nœuds. J’ai retrouvé les alizés du Sud après avoir franchi le délicat Pot au Noir qui n’a pas été très sympa avec moi… J’ai perdu un peu de temps par rapport à mes camarades mais ça fait partie du jeu. A présent, je vais établir une nouvelle stratégie en tenant compte des vents plus soutenus, plus aléatoires qui soufflent actuellement dans les voiles de BRIT AIR

Je ne suis plus seul à bord ! Eh oui, j’ai fait la rencontre d’un oiseau, venu se poser sur le balcon arrière de BRIT AIR. Je crois que c’est une aigrette mais je n’en suis pas sûr. J’ai pris quelques photos. Autre rencontre, moins marrante ; celle d’un cargo russe, cette nuit, qui naviguait dans ma zone. A bord, une alarme a retenti pour me prévenir. Cela m’a réveillé en sursaut… je ne savais plus très bien où j’étais !  Mais finalement aucun dégât puisqu’il m’a évité largement, je n’ai même pas eu à modifier ma route.

Prochaine étape : l’Equateur !

Merci à tous pour vos nombreux messages d’encouragements ! Vous contribuez à faire avancer BRIT AIR…

A très vite,

Armel

Pot au Noir en vue !!

Salut à tous ! 8ème jour de course déjà : ça passe très vite pour l’instant… J’ai l’impression que la sortie du chenal c’était hier !! Enfin bon, si je m’arrête 2 minutes, je vois aussi qu’il reste encore une très longue route devant l’étrave de BRIT AIR ! Ne nous réjouissons donc pas trop vite même si tout se passe pour le mieux pour l’instant à bord de BRIT AIR…

Je suis toujours bien accroché à ma 6ème place, en embuscade derrière les 2 derniers lauréats autour du Monde, Vincent Riou (vainqueur du Vendée Globe 2004/2005) et Jean Pierre Dick (vainqueur avec Damian Foxall de la Barcelona Race 2007/2008). 2 bons points de mire pour BRIT AIR ! Un peu plus loin devant nous, plus à l’est, Loïck Peyron, Jean Le Cam et Sébastien Josse ont pris un peu d’avance. Mais bon, moins de 100 milles à l’échelle d’un tour du monde, ce n’est finalement pas grand-chose ! Et puis avec mes 2 compagnons de l’ouest, on compte bien sur notre positionnement pour rattraper notre petit retard à l’approche du Pot au Noir.

Nous sommes actuellement en train de franchir l’archipel du Cap Vert et nous faisons donc route vers ce fameux et tant redouté Pot au Noir ou « zone de convergence intertropicale » pour les puristes… Alors pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas très spécialistes : c’est quoi et comment ça marche !? Pour faire simple : le Pot au Noir est une zone de l’océan Atlantique qui se situe entre l’anticyclone des Açores au nord, qui tourne dans un sens, et l’anticyclone de St Hélène au sud, qui lui tourne dans le sens opposé. Et au milieu… et bien ça ne tourne pas rond !!! A cet endroit donc, les grains nuageux avec des pluies abondantes alternent avec des zones sans vent… La météo y est particulièrement instable et compliquée à analyser. Ca peut vite varier et il n’y est donc pas simple de trouver la meilleure stratégie. Ce qui est sûr, c’est qu’une fois rentré dedans le mieux pour s’en sortir c’est de gagner au plus vite vers le sud. Plus facile à dire qu’à faire !

Mais c’est comme ça ! Le passage de l’équateur se mérite et pour y avoir accès il va falloir passer par là ! En attendant, je vais essayer de me reposer un peu, car il risque d’y avoir beaucoup de manœuvres à effectuer à bord de BRIT AIR pour franchir ce Pot au Noir.

A bientôt de l’autre coté…

A+

Armel

 

 

“Speed test” au large des Canaries

Vendredi 14 Novembre - 13 :00 TU - au large des Canaries

BRIT AIR et son pilote sont actuellement au large des Canaries. Nous nous trouvons à environ 200 milles à l’ouest de l’ile de Palma. Pas loin de nous, toujours à vue, l’ami Vincent Riou, nous accompagne dans notre longue descente plein sud ! Hier soir il était juste devant moi, ce matin, juste derrière. C’est sympa. Non seulement on se sent moins seul, mais en plus ça permet de bien se jauger. C’est presqu’un petit « speed test »… Nous sommes actuellement à 20 nœuds… ça avance bien en ce moment.

Nos petits camarades à l’est ont un peu creusé le trou mais rien de grave pour l’instant. Notre décalage ouest n’est pas inintéressant, il paiera peut être dans les prochains jours… Même s’il nous reste encore un peu de route, chacun commence à se positionner un peu dans l’optique du pot au noir. Jamais simple : on sait tous plus ou moins où se situe le passage le plus étroit, reste encore à l’aborder le mieux possible ! Par l’est..? Par l’ouest..?

Les conditions commencent tranquillement à s’améliorer. Le ciel est encore assez variable avec pas mal de passages de grain, mais la température monte petit à petit. J’attends que ça mollisse un peu pour entamer ma grande opération nettoyage de printemps. J’ai fait un tour complet du bateau hier, mais il y’a encore un peu de rangement à faire : le coup de tabac de lundi n’a pas fait de gros dégâts sur BRIT AIR mais il a en revanche un peu tout mis en vrac dans le bateau ! Enfin comme ça, j’ai de quoi m’occuper ! Entre navigation, météo, rangement, un peu de communication et quand même un peu de temps pour manger et dormir, les journées passent finalement très vite. Ceci dit, je n’oublie pas que nous n’en sommes pas encore à la fin de la première semaine. Sur mon tableau de marche, je vais bientôt pouvoir cocher la première semaine, mais il en reste encore 12… peut être moins…

A très bientôt pour la suite de nos aventures !

Armel

Ouah, c’est fort …

Voilà, c’est fait, on est parti ! Me voila embarqué, avec mes 29 camarades, dans 3 mois d’aventure autour du monde ! Grand moment que ce départ hier… Vraie grosse émotion ! Difficile, voire impossible, à décrire. Je vous laisse imaginer : tout ce monde là, pour vous ! Les proches bien sûr en premier lieu : dans ces moments là, en tout cas en ce qui me concerne, les mots ne veulent pas dire grand-chose et puis en plus, ils sont un peu difficiles à sortir… Un regard, un geste en disent beaucoup plus long : de toute façon, on sait… Et puis toute cette foule dans le chenal : hallucinant ! Je ne faisais pas trop le malin. Je ne courre pas après les honneurs et les bravos de la foule me gênent souvent plus qu’ils ne me touchent, mais là, voir tous ces gens qui nous saluaient, qui nous applaudissaient, qui nous encourageait… Ouah, c’est fort !!! Maintenant j’en suis sûr, le Vendée Globe n’est pas qu’une course !

A bientôt et merci à vous tous pour vos encouragements.

Armel