«Tout va bien. Je suis content d’avoir passé le raz de Sein en tête. Après, le golfe de Gascogne, les options sont ouvertes. La flotte est assez répartie. On a une dorsale qu’on a traversée cette nuit mais qui descend aussi avec nous. Alors on lutte pour gagner dans le Sud. On n’a pas encore eu de pétole et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas simple, on surveille le baromètre…Cela fait du bien d’avoir eu une nuit où on a pu mettre le pilote et se reposer régulièrement car les deux premières journées ont été assez dures. J’ai dû dormir 4 ou 5 heures par petites séquences de 20 minutes. J’ai passé pas mal de temps à la bannette. Il fallait absolument que je récupère parce que j’étais très très fatigué et je commençais un peu à faire n’importe quoi après le raz de Sein. »
Solitaire du Figaro 2010
Beau début de course, à 4 heures ce matin, BRIT AIR était classé 7ème, depuis, Armel est revenu dans le trio de tête, il était troisième, à 0,5 milles de Eric Péron, le leader à 8 heures ce matin. A la vacation de 4 heures, Armel répondait aux questions de Nicolas Raynaud : «Première nuit assez agitée, on a eu pas mal de courants et de vents. Il y avait de quoi faire, des coups à jouer au passage du Cotentin. Maintenant, nous allons passer le cap de La Hague avec le courant favorable et faire un peu de tout droit j’espère pendant les prochaines heures. Pour moi il y a eu du bon et du moins bon, j’ai été un peu gourmand en voulant un peu trop couper le fromage, mais j’aperçois encore les premiers. Donc ce n’est pas trop mal… mais ça aurait pu être mieux ! J’ai fait de petites erreurs. Le vent est encore assez ouest mais on attend une rotation nord-ouest pour pouvoir faire route directe vers Guernesey puis le Four. Ce serait bien de pouvoir se reposer un peu pour attaquer le passage de la pointe Bretagne, normalement dans notre deuxième nuit de course.»
Le jour se lève
Salut les terriens, c’est Armel ! Le jour se lève à bord de Brit Air. C’est la nuit qu’il est le plus agréable de barrer et de se reposer. La journée, le soleil chauffe beaucoup. Pas très rigolo de barrer en plein cagnard ! Depuis deux, trois jours, c’est vraiment dur et les organismes subissent un peu.
Sur l’eau, on a du vent, d’accord, mais il n’est pas très fort ! Cette année, l’alizé n’est pas très costaud. Ca souffle quasiment à l’Est et on est plein vent arrière pour aller vers Saint Barth. On dépasse rarement les dix nœuds. C’est parfois frustrant. Il ne faut pas trop se plaindre non plus : depuis le début, on a rarement eu du vent contraire et même si on a dû rallonger le chemin, les moyennes ne sont pas trop mauvaises. Trois semaines pour traverser l’Atlantique en passant par les Canaries, ce n’est pas si mal !
Un petit concurrent s’est décalé dans le Sud… Cercle Vert ! C’est à surveiller de très près. Gildas et Bertrand sont sortis de la meute et attaquent. Leur décalage est intéressant. S’il le faut, on ira peut-être se recaler. Avec Fabien, on surveille tout ça ! À nous de bien jouer pour conserver notre avance.
Secs comme des poissons volants !
Salut les terriens, c’est Armel. Tout va bien à bord du Figaro Brit Air ! Il y a du vent et ca avance. Depuis quelques jours, Fabien et moi sommes allés chercher du vent dans le Sud. Maintenant, on commence doucement à mettre le nez vers la droite pour tourner vers Saint Barth et attaquer la dernière grande partie du parcours. Ca va s’accélérer. Enfin des milles dans la bonne direction !
On s’est rapproché des trois bateaux dont nous étions déjà proches à la porte des Canaries. Chacun va mettre le clignotant à droite. Des gens couperont sans doute le fromage. Il y aura sûrement des petits coups à faire car le vent change beaucoup. Ce sera intéressant de voir les positions exactes sur le plan d’eau d’ici 24 heures. Le verdict devrait tomber demain soir !
Ca joue le match sur l’eau, on a croisé pas mal de feux cette nuit. On se croirait sur la Solitaire. Nos amis les banquiers et les fraises Tagada ne sont pas très loin. C’est sympa les retrouvailles !
Par contre, dans la journée, la chaleur est une vraie difficulté. Pas facile de se reposer ou de barrer en plein soleil. Heureusement qu’il y a un peu d’air pour ne pas se retrouver séché comme des poissons volants, morts sur le pont ! Dès que le soleil pointe son nez, on sait qu’à la barre, la journée va être longue. Mais il commence à y avoir du vent, on accélère et il fait un peu plus frais sur le pont. Par contre, à l’intérieur, pas de clim ou de ventilo : ce n’est pas très agréable, mais il faut faire avec !
Pour Fabien et moi, le plus dur reste à faire. Il reste une bonne partie du parcours et c’est bien d’être aux avant-postes. Cette dernière semaine va être une belle bagarre !
Jeu d’empannages
Salut à tous ! Brit Air est toujours en tête de la course et tout va très bien ! Rien n’est gagné, bien sûr, car il nous reste encore un paquet de route avant Saint Barth - près de 1800 milles. Il peut se passer énormément de choses sur le plan d’eau !
Côté météo, les conditions vont être un peu plus molles dans les jours à venir. Il va falloir à tout prix trouver le bon compromis. Avec Fabien, on est content d’avoir réussi à faire un peu de Sud pour se décaler.
En ce moment, c’est déjà plus tranquille et moins sportif que les jours précédents, ça change les réglages et la façon de naviguer ! Finalement, on s’habitue bien à naviguer à plus de douze ou treize nœuds de vitesse. Maintenant, quand on atteint neuf ou dix nœuds, c’est un record ! Ce n’est pas simple car c’est plus fin et plus instable. Ca bouge beaucoup, il y a des nuages et le vent change pas mal en direction. On a fait quelques empannages cette nuit, on joue avec les vagues et les nouveaux réglages.
L’avantage, évidemment, c’est qu’on ne risque plus la sortie de route ou le ‘vrac’. Ce n’est plus le même stress. La nuit derrière, le vent soufflait à 30 nœuds de vent et un mauvais coup de barre aurait eu des grosses conséquences. Maintenant, si le spi se dévente lorsqu’on est à la barre, ça ne remet pas en cause la sécurité du bateau.
Il va y avoir des choix à faire dans les prochaines 48 heures. Ca va être intéressant de voir ce que la flotte va faire. Une zone de vent faible approche. Il y a des gens à l’extrême Nord, d’autres à l’extrême Sud, et nous, au milieu ! On analyse les vitesses et les angles de nos camarades pour les comparer à nos fichiers météo. On n’a pas non plus utilisé notre mode furtif ! On y pense…
Gaël Le Cléach, monsieur météo
Bonjour à tous. A ce stade de la course, un petit point météo marine s’impose.
L’anticyclone, qui occupe tout l’Atlantique, est très présent chez nous, d’où le fleurissement des jupes et des lunettes de soleil sur les côtes bretonnes. Du côté des figaristes, ils ont bien trouvé les alizés et vont pouvoir en profiter pendant plusieurs jours. Par contre, à partir de vendredi, une dépression qui se forme sur Terre Neuve (assez traditionnelle en cette période de l’année) risque de bousculer un peu les choses pour la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE. En effet, l’anticyclone devrait se casser en deux et provoquer une rupture d’alizés, formant une zone sans vent et remettant au goût du jour le casse-tête vécu le long des côtes portugaises. Pour nous les terriens, tout ira bien et les tongs seront toujours de rigueur car cette dépression devrait pousser l’anticyclone vers chez nous. À leur retour, les alizés devraient, comme à leur habitude, revenir par le sud, cette plongée des bateaux que l’on observe sur la cartographie de la course est donc, somme toute, assez logique.
Ce week-end devrait offrir un jeu ouvert, cette deuxième mi-temps ne devrait pas être du « tout droit », façon petit chevaux de bois.
Bonne fin de journée
La Palma vers minuit
OLA TODOS !
On glisse rapidement vers les Canaries avec des rafales à 25 noeuds et une bonne gîte. Il faut éviter les sorties de route mais c’est sympa d’aller vite. On va essayer d’optimiser en cas de perte de terrain car on navigue à vue avec les deux autres (Banque Populaire et Cercle Vert). Le vent a soufflé jusqu’à 32 nœuds hier soir, c’était sportif, le bateau a fait des pointes à 18 nœuds. On est aussi content quand ça mollit derrière pour mieux contrôler le bateau et ne pas abîmer le matériel. Hier, il y avait une vraie bagarre dans la course, du fait de naviguer à vue avec les deux autres et de faire une moyenne de 13-14 noeuds : c’est stimulant ! On regarde déjà la stratégie à adopter après le passage de la porte à La Palma, car la course n’est pas finie, il nous reste un océan à traverser ! Après les Canaries les choses vont changer car plus d’options s’offrent aux bateaux et je pense que les bateaux vont plus s’éparpiller. Si nous gardons la même moyenne, nous serons à La Palma ce soir vers minuit.
Une Transatlantique aux allures d’expéditions scientifiques
Bonjour à tous ! Voilà la première semaine de course derrière nous et pour l’heure, nous sommes 5e. Pour tirer notre épingle du jeu, on a choisi de rester vers le milieu de la flotte. Une dorsale anticyclonique devrait se décaler dans l’Ouest pour laisser place à un régime de nord-est soutenu. L’enjeu, c’est de faire le moins de chemin possible tout en essayant de toucher ces vents au plus vite. Brit Air devrait toucher un peu plus de vent dès ce soir. Mais entre la théorie des fichiers météo et la réalité sur l’eau, il y a tout de même quelques différences ! On fera les comptes d’ici 24 à 48 heures. En tout cas, c’est sûr, ce n’est pas la tempête. Le matériel n’a pas trop souffert pour le moment, même si le manque de vent fait pas mal claquer les voiles.
Hier soir, on a vu deux baleines - 20 mètres de long ! Elles sont passées à quelques mètres de nous. C’était la première fois que Fabien avait l’occasion de voir ces animaux dans leur milieu naturel, alors j’ai osé le réveiller. Il était plutôt ravi de voir ces deux énormes mammifères qui nous ont accompagnées quelques minutes. On croise pas mal de dauphins, et depuis peu, on croise aussi des tortues. On sent que la température de l’eau se réchauffe !
À bord aussi, on s’adapte à ce changement. On a rangé les cirés lourds, mais on met encore les polaires la nuit. Il ne fait pas encore super, super chaud mais c’est nettement plus agréable. Dans les alizés, sous le soleil, les températures font vraiment augmenter. Ce sera plus contraignant car il fera vraiment chaud, mais on ne va pas se plaindre non plus !
Salut les terriens, c’est Armel
Un petit mot vite fait, car à bord du Figaro Brit Air on travaille dur pour gagner des places. La flotte est très groupée et tout se joue sur les réglages et la vitesse, il faut donc rester très concentré et à l’affût du moindre petit coup à tenter. On file à 10 nœuds au portant vers le Cap Finisterre. Fabien est vite rentré dans le rythme Transat et le fonctionnement à bord s’est très vite calé. On se réveille toutes les deux heures et on fait un point stratégie ensemble entre chaque quart. Je retourne à mes fichiers météo pour préparer au mieux la descente le long de la côte Portugaise.
Premier jour de mer
Bonjour, c’est de nouveau Fabien ! Les conditions sont idéales à bord de Brit Air : grand beau temps et spi gonflé dans un vent faible à modéré.
Hier, en baie de Concarneau, il y avait beaucoup de monde sur l’eau pour le départ et vraiment peu de vent. Pas facile de gérer avec tout ça, à jouer avec la côte pas mal de bateau ont tapé les cailloux. Nous, nous sommes restés prudents. On n’a pas très, très bien passé la bouée de dégagement mais on est bien revenu sur le parcours et on est sorti de la baie dans le bon paquet alors que les derniers sont restés encalminés dans la pétole. On a louvoyé le long des côtes finistériennes toute la soirée avant de prendre le large dans la soirée. Du vent de nord était attendu, alors on est parti le chercher.
Aujourd’hui, à 15 heures, on est 16e du classement. Mais on est placé comme on le souhaite par rapport aux adversaires. Armel et moi, on discute stratégie entre les quarts ! On navigue en paquet, on évolue tous en même temps. Avant que de grandes options se décident, on devrait encore jouer avec le reste de la flotte un petit moment.