Armel Le Cléac’h et son monocoque BRIT AIR ont coupé la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne ce samedi 7 février 2009 à 9h 41′35’’ après avoir parcouru les 24 840 milles théoriques sans escale et sans assistance à la vitesse moyenne de 11,57 noeuds.
La distance réelle parcourue par BRIT AIR est de 27 233 milles et sa vitesse moyenne réelle est de 12,69 nœuds.
Il termine ainsi son Vendée Globe en 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes à une deuxième place provisoire *.
* La deuxième place sera officialisée dès lors que Marc Guillemot (SAFRAN) n’aura pas coupé la ligne dans les 71 heures après Armel Le Cléac’h. Marc Guillemot bénéficiant de 82 heures pour s’être dérouté pour le sauvetage de Yann Elies et Armel bénéficiant quant à lui de 11 heures pour le sauvetage de Jean Le Cam, soit un différentiel de 71 heures.
Cette fois, je ne vous oublie pas, un petit mot, le dernier à bord de BRIT AIR, pour vous faire partager mes derniers milles sur ce Vendée Globe car ça y est : j’arrive !
Décidément, jusqu’à l’arrivée, ce tour du monde n’aura pas manqué de rebondissements, mon arrivée prévue initialement vers 11h aujourd’hui est avancée de 2h, on a été trop rapide avec BRIT AIR ! A 7h30 ce matin, heure française, j’étais déjà plus qu’à 13 milles de la ligne, trop tôt pour l’équipe, tout le monde était au chaud en train de dormir ! On a réveillé les équipes à terre en fanfare, personne nous attendait si tôt, du coup je me retrouve à virer pour repartir vers le large, si c’est pas triste !
Trop enthousiaste d’arriver ! Surtout avec une grand- voile que je ne peux plus vraiment régler, je n’avais pas d’autres choix que d’avancer ! Si seulement on m’avait prévenu de ralentir sur une course de vitesse ! En plus, je n’ai plus rien à me mettre sous la dent, j’ai épuisé ma dernière ration hier alors, la faim au ventre, on s’empresse sur BRIT AIR pour mettre pied à terre ! Retrouver ma famille, les amis et puis ne perdons pas le Nord : manger un bon ptit déj ! En attendant, ici, on se fait beau pour l’arrivée.
Trêve de plaisanterie, l’arrivée c’est très excitant, je vais plus tarder maintenant…Ah, c’est la fin de cette aventure incroyable, si proche du but, on ne pense plus aux galères de ces derniers jours ! On a envie de franchir la ligne d’arrivée et en même temps on ne veut pas que ça s’arrête…J’ai le cœur qui pince…Je l’ai réalisé ce rêve, ce tour du monde…Mais l’émotion ce n’est pas mon genre, vous le savez, alors je retourne à ma barre !
Ce Vendée Globe, je le boucle seul à ma barre, mais c’est avec une part de vous aussi, une part de mon équipe, de mes proches, de mon sponsor et tout ce qui m’ont soutenu. Merci à vous tous pour vos encouragements, c’est de l’énergie qui m’a porté dans les situations un peu chaudes ! Merci de m’avoir suivi au quotidien sur ces 90 jours de course et bien sûr à tout à l’heure pour l’entrée au chenal vers midi, je compte sur vous !
A bientôt pour de nouvelles aventures…
Armel.
Salut à tous !
Ouh là là… Bien longtemps que je ne vous ai pas écrit et je m’en excuse! Pas trop eu le temps… pas trop pris le temps…Et puis un Atlantique Sud qui n’a pas été une partie de plaisir et qui m’a un peu « tapé sur le système » pour être clair ! J’avais eu beau me le dire et me le répéter que le Vendée n’était pas fini après le Cap Horn, je ne pensais quand même pas galérer autant dans cette remontée le long des côtes sud américaines. Franchement, ça aura peut-être été la partie la moins agréable de ce Tour du Monde ! Entre vent refusant, grains énormes et orages comme rarement j’en avais vu, les côtes brésiliennes ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Se retrouver à se battre tant bien quel mal pour arriver à faire avancer BRIT AIR dans les petits airs, quand ça fait plus de 2 mois que vous êtes à fond pour ne rien lâcher, c’est dur… très dur…
Mais bon, tout ça c’est du passé maintenant ! Histoire de se faire pardonner de s’être montré si peu clément, l’Atlantique sud m’a finalement offert un Pot au Noir de rêve et un passage de l’équateur sympa ! Maintenant que BRIT AIR et moi avons de nouveau la tête à l’endroit, tout va mieux. Les choses sont relativement simples et claires et on commence à penser un peu à l’arrivée… Attention toutefois ! Pas de déconcentration : même si c’est une mer que moi et mon bateau connaissons mieux, elle reste néanmoins piégeuse. Prudence donc. Je pense qu’on a plutôt été bon jusque là et ce n’est pas maintenant qu’on commence à entrevoir (très loin certes, c’est peut être dans mes rêves même !) les petites lumières des Sables d’Olonne qu’il faut baisser la garde !
Concentré, jusqu’au bout… Ne rien lâcher, jusqu’au bout…
On va y arriver, je le sais… et puis je sais aussi que vous êtes là, tous, derrière moi et BRIT AIR ! Vous n’imaginez pas à quel point vos messages et vos encouragements sont importants pour nous. Quand c’est dur et dès qu’on a un petit coup de mou lui et moi, on se fait une petite séance lecture : ça nous regonfle à bloc, on remet le bleu de chauffe et on repart au charbon !
Alors vous aussi, jusqu’au bout : ne lâchez rien !
Merci et à très bientôt,
Armel
Lundi 5 janvier
Bonjour à tous !
Désolé pour le retard mais j’ai été un peu occupé en ce début d’année… Pas si pacifique que ça en effet l’océan du même nom !! Il a même failli me jouer un bien vilain tour vendredi dernier le vicieux… Il m’a fait croire qu’il s’était un peu calmé et a profité d’un petit moment de repos pour nous mettre sur le flanc ! Heureusement que BRIT AIR est gaillard… On s’est relevé lui et moi : plus de peur que de mal et on poursuit donc notre route ! Enfin, tout va bien maintenant et je peux donc enfin vous souhaiter à tous une très belle année 2009 ! La santé bien sûr, et beaucoup de bonheur et de réussite dans vos projets !
Pour ma part, j’ai déjà presque tout ce que je souhaite : être là sur ce Vendée Globe, à bord d’un si beau bateau et qui plus est toujours en course pour la gagne après 2 mois de course… Que demander de mieux !? Ah si allez, soyons exigeant : un peu de réussite pour BRIT AIR dans l’Atlantique ! Que ça bouchonne un peu pour ceux de devant… ça s’est déjà vu… ce qui nous permettrait de recoller… Et puis la remontée de l’Atlantique est encore longue : tout peut arriver ! En tout cas, moi, j’y crois et je suis sûr que vous aussi… alors juste une petite demande à vous tous qui me suivez et m’encouragez : continuez, soufflez à distance dans les voiles de notre bateau et ensemble, je suis sûr qu’on peut le faire !!
Merci encore pour vos encouragements,
A très bientôt,
Armel
Salut à tous !
C’est Rock’n Roll aujourd’hui à bord de BRIT AIR ! Une mer croisée et 30 à 40 noeuds de vent qui poussent le bateau à grande vitesse. Hier, c’était plus sympa car avec le même vent, voire même un peu plus, la mer était beaucoup plus ordonnée. Résultat : 440 milles en 24 heures à plus de 18 noeuds de moyenne : c’est pas beau ça !? Mais depuis quelques heures, nous sommes montés sur le plateau océanique au sud de la Nouvelle Zelande et du même coup, la mer a changé de physionomie. Elle est devenue beaucoup plus méchante. Il faut faire très attention et je préfère donc lever un peu le pied !
Autant dire que pour l’instant, je n’ai pas encore eu vraiment le temps de penser au réveillon de Noël. Demain, ça devrait être plus calme et je vais pouvoir prendre un peu de temps pour une petite séance déco. J’ai hâte également de pouvoir ouvrir mes cadeaux… J’ai aperçu quelques paquets dans le sac de la semaine. Je crois aussi qu’un petit menu spécial réveillon est au programme avec la petite bouteille qui va bien, préparée par mon papa. Et oui ! Même seul à l’autre bout du monde, Noël est important !
Bon, je vous raconterai mon petit réveillon dans quelques jours !
A+
Armel
Bonjour à tous,
Petite surprise pour vous qui suivez et encouragez Armel au quotidien :
20 MINUTES organise demain après-midi un chat avec Armel en direct de l’Océan Indien !
Un face à face inédit : vous derrière votre ordinateur et Armel à bord de son bateau BRIT AIR naviguant dans les 50èmes Hurlants au sud de l’Australie !
Vous pouvez d’ores et déjà poser vos questions en cliquant ICI ou vous connecter et échanger avec Armel vendredi dès 15 heures sur www.20minutes.fr.
Merci pour votre soutien ! Armel est vraiment ravi et touché de recevoir tous vos messages d’encouragement ! Surtout n’hésitez pas, continuez !!!
A bientôt
Son équipe
Salut à tous !
Tout d’abord, petit résumé de l’actualité de ces derniers jours de course, histoire de vous décrire un peu la situation actuelle…
Mercredi matin : Mich’ Desj est le premier à signaler un iceberg…
Mercredi après midi : on apprend le démâtage de Loïck…
Jeudi matin : je suis réveillé brutalement. Le bateau est « parti en vrac », il est couché sur l’eau à 90°, je sors en chaussette et là j’aperçois à 5 mètres du bateau une baleine…
› Vendredi matin : Johnny Malbon signale à son tour un iceberg
› Vendredi après midi : Dominique Wavre se déroute pour avarie de quille…
Voilà, voilà… Pas très gai, pas très engageant… Mais c’est aussi ça le Vendée Globe ! Il faut faire avec, positiver et aller de l’avant. De l’avant… mais prudemment quand même ! Je suis un marin, pas un kamikaze. Et puis la route est longue et pour espérer gagner, la première chose c’est d’arriver ! Alors je prends soin de mon BRIT AIR. Jusqu’ici, il a été parfait : rapide, véloce, performant… Maintenant c’est à moi de le préserver : lui en demander suffisamment pour rester au contact des leaders, mais pas trop pour ne pas le faire souffrir. Mais on commence à très bien se connaître lui et moi, on est sur la même longueur d’onde… L’alchimie entre le bateau et son skipper, je crois que c’est aussi ça le secret de la réussite sur une course comme le Vendée Globe !
Tiens justement, je l’entends qui « couine » un peu… je vais aller le soulager !
A très bientôt et encore merci pour vos encouragements.
Armel
bonjour,
Près de 8000 milles parcourus en un mois ! Soit le tiers du parcours ! Nous sommes actuellement dans les mers du Sud depuis maintenant plus d’une semaine. Tout s’est bien passé jusqu’au passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Après, je souhaité être plus prudent pour m’adapter progressivement à ces nouvelles conditions, à ces mers difficiles qui me sont inconnues . C’est sans doute pour cette raison que j’ai été décroché des premiers et que derrière les poursuivants ont récupéré du terrain. Mais je suis confiant, je ne suis pas si loin des hommes de tête. Il faut juste que je prenne mes marques, que je trouve les bons ajustements. Je commence à avoir de bons repères au niveau des choix de voiles. Ce n’est pas évident car ici, dès qu’il y a du vent, la mer se lève rapidement. Pour le moment je suis à l’écoute du bateau. Contrairement à d’autres, je vais moins vite mais BRIT AIR tape ainsi beaucoup moins. Je ne considère pas la course actuelle comme une course de vitesse. C’est plus de la gestion de matériel et humaine. Si je peux finir l’Océan Indien avec ces écarts ce serait très bien.
A 700 milles devant nous, il y a l’archipel des Kerguelen. C’est un archipel très grand, 90 milles du Nord au Sud. Les fonds remontent très vite autour, notamment dans le Nord où il y a un vent capable de lever la mer qui devient alors très hachée et capable de casser un bateau. On a le choix de passer au Nord ou au Sud mais le Nord fait rallonger la route. On l’emprunte lorsque, dans le Sud, c’est la tempête. A priori l’ensemble de la flotte va passer par le Sud. Cette nuit, on a un vent qui va basculer au Nord Ouest donc on va pouvoir empanner et faire route bâbord amure vers le Sud de cet Archipel. La question est de savoir quand est-ce qu’il faut empanner. Ce matin on a reçu le signalement d’un objet sur notre route. C’est soit un iceberg soit un bateau. Je dois prendre ça en compte en espérant que ce ne soit qu’un bateau pour pouvoir continuer ma stratégie, faire un peu de Sud, empanner et revenir sur un seul bord vers les Kerguelen.
je viens d’apprendre pour le dématage de Loïck… c’est dur, très dur… on ne le dira jamais assez : c’est la mer et elle seule qui décide ici…
à très bientôt et encore merci à tous pour vos nombreux messages
Armel
Salut à tous !
Ca va être chaud ! Enfin quand je dis « chaud » c’est au sens figuré bien sûr, en parlant de ce qui nous attend dans les prochains jours… En réalité au contraire, il fait bel et bien de plus en plus froid ! Jusqu’à hier (mercredi) les conditions étaient encore tout à fait acceptables, peut être même meilleures que celles que vous devez avoir en ce moment en France : une dizaine de degrés, un ciel assez dégagé et plutôt ensoleillé… Mais depuis ce midi, changement de décor : le ciel se couvre, la température chute, la mer se forme méchamment… et ça ne devrait pas aller en s’améliorant… Bienvenue dans les quarantièmes, bienvenue aux pays des ombres… A partir de maintenant, on va rentrer « dans le dur » ! Et le premier gros choc s’annonce pour demain matin ! Nous allons en effet toucher notre première grosse dépression en guise de péage avant l’océan Indien : 50 à 60 nœuds de vent, des creux énormes, 8, 10, 12 mètres peut être… Voilà le programme : rien de très engageant, vous en conviendrez, mais bon, on savait pourquoi on signait… Malgré tout, il va falloir être très prudent et même si c’est la course, je n’ai pas envie de faire n’importe quoi : ni pour moi, ni pour mon bateau… On a convenu d’un pacte ensemble : je prends soin de lui, il prend soin de moi et ensemble nous bouclons ce tour ! On va donc faire le dos rond durant quelques heures et ce passage de vent fort…
Je vous laisse, le vent est en train de rentrer : chaud je vous dis… chaud…
A +,
Armel