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Armel Le Cléac'h, 2ème du Vendée Globe ! le Chacal est de retour

Publiée le 07/02/2009 à 18:25

Armel Le Cléac'h, 2ème du Vendée Globe ! le Chacal est de retour

C’est fait ! Ce matin, à 9 heures 41 minutes et 35 secondes (HF)  BRIT AIR a coupé la ligne d’arrivée du Vendée Globe aux Sables d’Olonne. En bouclant son tour du monde en 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes, Armel Le Cléac’h s’offre une exceptionnelle deuxième place pour son premier tour du monde. A 31 ans, le skipper de la baie de Morlaix signe une grande performance saluée par une foule venue nombreuse acclamer le héros du jour dans le chenal des Sables d’Olonne. Entre bonheur et lucidité, malgré son état de fatigue lié à une dernière semaine de course éprouvante, le skipper de BRIT AIR a répondu présent devant les nombreuses sollicitations dont il a fait l’objet, le pied à peine posé sur le ponton. Un grand moment de bonheur et de communion avec le public : « le chacal est de retour… qu’on se le dise ! »

 

Il faisait beau ce matin en baie des Sables d’Olonne quand vers 9h00, l’élégante silhouette d’un monocoque de 60’ habillé d’or et de Triskell se dessina sur l’horizon dégagé. Après près de 90 jours de mer, Armel Le Cléac’h et son BRIT AIR étaient en passe de boucler leur Vendée Globe. Et de quelle manière ! 2ème pour leur première participation, pour leur premier tour du monde, à 31 ans seulement pour celui qu’on appelle le chacal… Coup d’essai, coup de maître pour le binôme de la baie de Morlaix. « J’y ai posé le pied peut être… mais je ne suis pas encore complètement redescendu sur terre ! Je ne réalise pas bien pour l’instant… », lâchera avec simplicité et humilité le natif de Saint Pol de Léon.
Simplicité, humilité : 2 termes qui qualifient bien l’état d’esprit du chacal à son arrivée ce matin… 2 termes qui collent également parfaitement à sa course. Un Vendée Globe maîtrisé, mené à sa façon, sans pression excessive autre que l’envie de naviguer proprement et de ramener bateau et skipper à bon port. Une stratégie payante : une belle course, une superbe 2ème place, une arrivée grandiose… un Vendée Globe réussi tout simplement !
BRIT AIR et son pilote ont atterri : mission accomplie !

Impressions
Beaucoup d’émotions depuis ce matin. J’ai commencé à réaliser réellement que j’arrivais lorsque j’ai croisé les premiers bateaux de pêche sablais au levé du jour ce matin à 20 milles d’ici. Les tempêtes étaient alors derrière moi, j’ai pris le temps de savourer, de ranger le bateau et j’ai fait une toilette pour que ma fille puisse me reconnaître ! C’est exceptionnel ce qui est en train de se passer. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde pour m’accueillir. Les morlaisiens de Brit Air, mes amis de Port La Forêt et toutes les personnes que je ne connaissais pas ont été essentiels dans la progression de BRIT AIR par leur soutien et les encouragements qu’ils m’envoyaient via Internet. Aujourd’hui j’ai le sentiment de leur avoir fait plaisir et ça, au delà de l’aspect sportif, c’est un immense bonheur. Ce voyage et cet atterrissage sont magiques… d’ailleurs tous les voyages de BRIT AIR sont réussis !

Les difficultés de la course
Je suis assez fier de ma course. J’ai connu certes quelques difficultés, notamment dans les mers du Sud mais au final j’ai énormément appris sur ces océans que je ne connaissais pas et au contact de marins très expérimentés comme Jean-Pierre Dick qui a fait un récital dans le Grand Sud. Le froid, les bascules de vent, les énormes creux, la mer croisée… autant de conditions inconnues et difficiles à gérer qui m’ont fait comprendre qu’il était préférable d’avoir du métier pour prendre le départ de cette course. L’autre moment pénible de la course fut la remontée de l’Atlantique. On a tendance à se dire que le pire est passé mais pas du tout, c’est là que j’ai rencontré le plus de problèmes, d’autant que le skipper et le bateau commençaient à être fatigués et que l’on était seul loin devant ou loin derrière les autres. On a prenait des rafales à 50 nœuds, c’était vraiment inquiétant. C’est pour ça que, l’arrivée, je n’avais pas le temps d’y penser, j’étais trop concentré à ramener le bateau entier.

La casse
L’une des grandes frayeurs à bord fut le gros vrac quelques jours avant le Cap Horn : le bateau s’est couché à 90° et la tête de mât s’est retrouvée dans l’eau. Du coup, mes girouettes n’ont pas trop apprécié ! Pendant plus d’un mois, je n’avais aucune information sur le vent. J’ai du continuer  au feeling, comme à la vieille époque du dériveur avec les penons ! Au final, je pense que le bateau s’en sort plutôt bien. Il n’y a pas de grosse casse même si j’ai également perdu la casquette et le chariot de rail de tétière de grand voile avant hier dans la tempête du Golfe de Gascogne.

Monseigneur Le Cléac’h
Le côté frustrant de la course vient du fait que l’on passe à côté de paysages incroyables, de lieux cultes mais sans pouvoir s’y arrêter. Au large des Marquises, par exemple, j’ai été fortement tenté de mettre le clignotant pour rendre visite à un grand oncle qui habite là-bas : Monseigneur Le Cléac’h. Il est prêtre et a prié pour moi pendant 3 mois ! J’ai senti son influx !

La stratégie et le résultat
Nous nous étions fixé 2 objectifs avec BRI AIR : finir la course et naviguer prudemment sans prendre des risques inutiles. Mission accomplie ! Je ne m’étais rien imaginé de plus sinon naviguer comme je sais le faire, à mon rythme en préservant un maximum le bateau. C’est vrai qu’avec le manque d’expérience j’avais un peu peur de pousser le bateau. Ensuite, avec la confiance, j’ai pris plus d’assurance et j’ai pu accélérer. Au final, en restant fidèle à cette stratégie prudente et avec les différents rebondissements au classement, je termine deuxième. Mais ce n’est pas une surprise ! En 2003, j’étais bizuth sur la Solitaire du Figaro et j’ai terminé deuxième. Sur l’Artemis Transat l’année dernière, je finis deuxième en étant une nouvelle fois bizuth. Donc cette année, pour mon premier Vendée Globe, je trouve que mon classement est assez logique… !

La santé
Depuis 3 jours j’étais en mode survie, je n’avais plus rien à manger à bord. D’ailleurs j’ai perdu un peu de poids. Ma maman était là ce matin pour me le rappeler ! Mais je n’ai fait qu’écouter les anciens qui disaient que ce tour du monde se bouclerait en moins de 80 jours alors j’avais préparé mes quantité de nourriture en conséquence… En tout cas je n’ai pas perdu de temps pour me refaire une santé puisque dès ce matin, l’équipe m’a accueilli avec des crêpes et du pain beurre que j’ai dévorés. Prochaine étape : le steak-frites !

L’avenir
En août je reprendrai la compétition avec BRIT AIR sur la Solitaire du Figaro. Ce sera le retour du chacal… prenez garde ! Je pourrai d’ailleurs prendre une petite revanche sur Mich’ même si je l’ai déjà battu sur cette épreuve en 2003 ! Puis nous ferons naviguer les salariés de Brit Air au cours de l’année car c’est leur bateau, c’est le bateau d’une entreprise. Ensuite, je souhaite participer à la Transat Jacques Vabre en fin d’année. Refaire un Vendée Globe ? Je n’y pense pas. C’est trop tôt pour se projeter dans 4 ans. Le Vendée Globe est une épreuve qui nécessite un investissement total. Les décisions ne se prennent pas à la légère. Je vais d’abord apprécier les moments que je suis entrain de vivre avec le sentiment du travail bien fait.

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Le Classement de la Jacques Vabre

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    Marc Guillemot / Charles Caudrelier
  • 2. Groupe Bel
    Kito de Pavant / François Gabart
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    Mike Golding / Javier Sanso
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    Michel Desjoyeaux / Jérémie Beyou
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